L'Algérie et la vision 2030
À l’entrée de 2026, l’Algérie aborde une année charnière : l’économie a montré une capacité de résilience, portée par l’investissement public et une dynamique plus visible hors hydrocarbures, tout en restant exposée aux cycles énergétiques et aux équilibres budgétaires. Les perspectives pour 2026 se jouent donc sur un double front : maintenir la trajectoire de croissance, et accélérer une transformation structurelle cohérente avec les ambitions nationales à l’horizon 2030.
Le scénario central 2026 : croissance positive, mais sous contrainte d’exécution
Les perspectives macroéconomiques pour 2026 indiquent un scénario de croissance positive, soutenue à la fois par l’investissement public et par une contribution accrue des secteurs non-hydrocarbures. Cette dynamique reste néanmoins encadrée par plusieurs contraintes structurelles. D’un côté, la politique budgétaire continue de jouer un rôle moteur. L’État maintient un niveau d’investissement élevé afin de soutenir l’activité, l’emploi et les infrastructures. Cette orientation contribue à stabiliser la demande intérieure et à soutenir les secteurs liés aux travaux publics, à l’industrie et aux services. De l’autre côté, cette croissance demeure sensible à la capacité d’exécution des projets, à la maîtrise des équilibres financiers et à l’environnement extérieur. La question centrale pour 2026 n’est donc pas seulement le niveau de croissance, mais sa qualité : sa capacité à générer de la productivité, à renforcer la base exportatrice et à réduire les vulnérabilités structurelles.
Les hydrocarbures : pilier central et contrainte persistante
Le secteur des hydrocarbures reste, en 2026, le principal déterminant des équilibres macroéconomiques algériens. Il continue d’assurer l’essentiel des recettes en devises et une part significative des ressources budgétaires. Cette réalité confère au pays une capacité de financement importante, mais elle maintient également une forte exposition aux cycles internationaux. Les investissements engagés dans le secteur énergétique visent à préserver et renforcer cette capacité, tout en intégrant progressivement des objectifs de transition. Toutefois, la dépendance aux hydrocarbures demeure un facteur de vulnérabilité structurelle, notamment en cas de retournement des prix ou de tensions sur la demande mondiale. Pour 2026, l’enjeu est double : sécuriser le rôle du secteur comme moteur financier à court terme, tout en utilisant les marges qu’il offre pour accélérer la diversification économique. Cette articulation entre rente énergétique et transformation productive reste l’un des défis centraux de la politique économique.
Diversification économique : progrès visibles, transformation incomplète
Les signaux de diversification hors hydrocarbures se sont renforcés ces dernières années, notamment dans l’industrie, l’agriculture, certaines activités de services et les exportations non énergétiques. Ces évolutions constituent un socle encourageant pour 2026. Cependant, la diversification ne se mesure pas uniquement à la croissance sectorielle. Elle se juge également à la capacité des entreprises à gagner en compétitivité, à exporter de manière régulière, à intégrer des chaînes de valeur et à améliorer la productivité du travail. Sur ces dimensions, la transformation reste inégale. L’année 2026 devra ainsi marquer un passage d’une diversification quantitative à une diversification qualitative. Cela implique un renforcement de l’écosystème productif, un meilleur accès au financement, une amélioration de la logistique et une montée en gamme des standards industriels et commerciaux.
L’action publique et la Vision 2030 : de l’ambition à l’exécution
La Vision 2030 constitue le cadre stratégique de référence pour la transformation économique de l’Algérie. Elle met l’accent sur la diversification, l’industrialisation, l’exportation hors hydrocarbures, la modernisation de l’administration et l’amélioration du climat des affaires. Pour 2026, le défi principal réside dans la traduction opérationnelle de ces orientations. Les textes réglementaires, les dispositifs d’incitation et les annonces stratégiques doivent se matérialiser par des mécanismes simples, lisibles et prévisibles pour les acteurs économiques. La capacité de l’État à prioriser, à séquencer les réformes et à renforcer la coordination entre les institutions sera déterminante. Une Vision 2030 efficace en 2026 est une vision qui se mesure par des projets livrés, des délais raccourcis et une confiance accrue des investisseurs nationaux et internationaux.
Secteurs moteurs potentiels à l’horizon 2026
Énergie et transition
Le secteur énergétique continuera de jouer un rôle central, non seulement comme source de revenus, mais aussi comme levier de modernisation technologique et de transition progressive vers des modèles plus durables. Les projets liés aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique constituent un potentiel de croissance complémentaire.
Industrie et transformation
L’industrie de transformation apparaît comme l’un des leviers les plus structurants pour 2026. Elle permet de créer de la valeur ajoutée locale, de réduire les importations et de développer des capacités exportatrices. Son développement dépend toutefois de l’environnement réglementaire, de la disponibilité des intrants et de la compétitivité logistique.
Agriculture et sécurité alimentaire
L’agriculture reste stratégique dans un contexte de pression climatique et de volatilité des marchés internationaux. Les investissements dans l’irrigation, la transformation et la logistique agricole peuvent renforcer la résilience économique et sociale.
Les risques et fragilités à surveiller
Malgré des perspectives globalement favorables, plusieurs risques doivent être pris en compte pour 2026. La volatilité des marchés énergétiques demeure un facteur d’incertitude majeur. À cela s’ajoutent les risques liés à l’exécution des réformes, aux capacités administratives et à la coordination des politiques publiques. Les enjeux climatiques et hydriques constituent également une contrainte croissante, avec des impacts directs sur l’agriculture, les infrastructures et les finances publiques. Ces dimensions imposent une intégration plus systématique du risque climatique dans les décisions économiques.
Les perspectives économiques de l’Algérie pour 2026 s’inscrivent dans une dynamique de croissance prudente mais réelle. Le pays dispose d’atouts significatifs : ressources énergétiques, capacité d’investissement public, potentiel industriel et ambition stratégique claire à l’horizon 2030. Toutefois, l’année 2026 sera avant tout un test d’exécution. La réussite dépendra de la capacité à transformer les orientations stratégiques en résultats concrets, à renforcer la productivité et à consolider les bases d’une économie moins dépendante des hydrocarbures. À ce titre, 2026 ne sera pas seulement une année de croissance, mais une année de validation du chemin engagé vers un modèle économique plus durable et plus résilient.